Côte d’Ivoire : LES 50 ANS DE L’ART CONTEMPORAIN

Share

A l’instar des autres domaines de la vie socioculturelle qui ont marqué la Côte d’Ivoire, ces 50 dernières années, figurent en bonne place, le vaste champ de l’espace socioculturel avec les Arts plastiques ou en d’autres termes l’art contemporain.
Dès l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté nationale, la promotion de la culture et particulièrement des arts plastiques a constitué une priorité pour les autorités de l’époque.
Pour s’en convaincre, la Côte d’Ivoire s’est dotée dès, les premières heures de l’indépendance d’une école nationale des Beaux-arts dans le but de contribuer à la formation des jeunes ivoiriens et africains dans ce domaine.
Mieux, l’Etat a donc tout mis en œuvre pour encourager les jeunes ivoiriens à s’orienter dans ce domaine. Allant même jusqu’à octroyer des bourses étrangères à la plupart des premiers étudiants en Art plastique pour se former en Europe.
Dès leur retour, ces derniers pouvaient intégrer l’enseignement où s’installer à leur propre compte comme des artistes. Nombreux sont ceux qui ont opté pour la première proposition.
En 50 ans, l’art contemporain en Côte d’Ivoire a glané des succès et rehausser l’image du pays à l’extérieur. Son dynamisme est à la création même de l’école d’Abidjan connue sous le nom de «Vohou-vohou» sous la houlette du Pr Serges Hélénon et ses étudiants d’alors dont les plus célèbres demeurent les plasticiens Youssouf Bath, Koudougon Théodore, N’Guessan Kra.
Cependant, les disciplines artistiques les plus en vue demeurent la peinture, la sculpture et le design. Bien que le pays compte aujourd’hui de talentueux céramistes, mosaïstes, etc.
A côté donc des artistes l’Etat ivoirien a contribué à former des formateurs. Le pays compte de nombreux centres de formation en art. On peut citer le centre des arts appliqués de Bingerville (Ctaa), le centre régional des arts et métiers d’Abengourou qui forment comme les Beaux-arts aux techniques
Sculpture
L’histoire de l’art contemporain en Côte d’Ivoire commence avec le sculpteur Christian Lattier. Fils de médecin, Lattier part de sa Côte d’Ivoire natale pour apprendre au lieu de la médecine, les techniques de l’Art en France.
Là bas, il marque les esprits, remporte des prix et réussit même obtenir la décoration de la cathédrale de Paris à la suite d’un concours. L’Ivoirien devient donc la curiosité de tous, un monument vivant déjà dans les années 60. Sa technique de la ficelle étonne, c’est même à la limite une révolution en la matière.
Mais, chez lui au pays, il faut dire qu’être sculpteur réputé ne voulait pas dire grand-chose. En 1966, Lattier remporte le Grand Prix du festival mondial des arts nègres organisé par le président Senghor, à Dakar. En compétition, toutes les discipline de la culture (littérature, art plastique, danses, musique, etc) étaient sur le starting-block.
Même si chez lui, Lattier ne recevra pas les honneurs dû à son rang, sa carrière si riche en distinction va susciter chez des jeunes l’envie d’embrasser la carrière d’artiste.
Les œuvres majeures de Christian Lattier qui continuent de traverser le temps et l’espace sont encore présentes dans des espaces à Abidjan. « La panthère » au palais de culture de Treichville qui a eu plus de chance que « Les trois âges de la Côte d’Ivoire » en souffrance dans le milieu lieu en proie aux intempéries.
A la suite de Lattier, la Côte d’Ivoire a aujourd’hui de grands sculpteurs dont le talent est reconnu sur le plan international. On peut citer, Koffi Donkor, considéré par les critiques comme le père de la sculpture monumentale en Côte d’Ivoire.
Peinture
Si Lattier est le premier artiste contemporain ivoirien, l’histoire a voulu que ce soit Michel Kodjo qui soit le premier peintre ivoirien.
Agé aujourd’hui de 75 ans puisque né en 1935, Michel est un « patriarche » qui occupe une place privilégiée dans l’histoire de l’art de la Côte d’Ivoire. Il est le premier peintre ivoirien à avoir fait une exposition individuelle en 1957, à l’hôtel de ville d’Abidjan.
Depuis donc plus de 50 ans, il peint. Plus âgé que Michel Kodjo, Bruly Bouabré est cependant l’artiste contemporain ivoirien le plus connu à travers le monde. Sa renommée a dépassé les frontières de la Côte d’Ivoire. Avec lui, il y a Ouattara Watt, cet autre ivoirien monument de l’art contemporain installé aux Etats Unis.
Où il est considéré comme le peintre francophone le plus côté. L’enfant d’Adjamé fraternité est aujourd’hui, l’artiste ivoirien le plus recherché par les collectionneurs à travers le monde. La volonté politique de former des jeunes à la connaissance et à la maitrise des techniques de l’art a donner en Côte d’Ivoire plusieurs générations d’artistes talentueux les uns que les autres.
James Oura, Monné Bou, Youssouf Bath tirent la locomotive sur le plan local. Suivis de Mathilde Moro, N’Guessan Essoh, Justin Oussou, Augustin Kassi, Jacobleu et bien d’autres peintres.
Design
Sur trois éditions de la biennale contemporain des arts, Dak’art, les designers ivoiriens vont s’illustrer positivement en rapportant le prix du meilleur designer. Vincent Niamien ouvre le bal suivi de Valérie Oka et de Issa Diabaté. A Dakar, tous les artistes ont vite fait de dire que la Côte d’Ivoire a marqué son territoire. Le Design est désormais la chasse-gardée des ivoiriens.
En 50 ans dans le domaine de l’art contemporain, la Côte d’Ivoire a parcouru du chemin. Après s’être dotée de structure de formation, elle a contribué à former des artistes d’ici et d’ailleurs.
Cependant ce qui rassure aujourd’hui les artistes et les critiques, on ne le dit pas assez, c’est que sous le Président Laurent Gbagbo, l’Etat de Côte d’Ivoire a fait des acquisitions en la matière.
L’Etat de Côte d’Ivoire au-delà de la promotion de ses artistes, collectionne des œuvres des artistes ivoiriens. Pour preuve. Le président Gbagbo n’a pas hésité à remplacer au salon des Pas perdu du Palais de la présidence, l’œuvre « les papillons » du peintre français Bernard Buffet, par celle de l’ivoirien James Oura.
D’ailleurs, tous les artistes ivoiriens qui animent le champ des arts sur place font partie de cette collection. Si le président Gbagbo est un amateur des œuvres de James Oura, la première dame a choisi Monné Bou. Toute chose qui encourage à l’émergence d’un marché des arts en Côte d’Ivoire.
CHEICKNA D Salif

Commentaires facebook :

commentaires

Postez un commentaire

Posts Protect Plugin by http://blog.muffs.ru
">